|
Â
Ils s'appellent les « Jeunes populaires ». Ce sont les jeunes pousses que l'UMP cultive dans ses serres pour préparer la relève et quadriller le terrain. Dans la 11e circonscription, par exemple. « C'est vrai que nous y étions un peu en souffrance », concède Benoît Grange. A 26 ans, ce jeune informaticien venu de Savoie pour poursuivre ses études à Bordeaux, est actuellement responsable départemental des Jeunes populaires (1). Et donc un peu le mentor de Vincent Charrier, qui est désormais le « référent Jeunes populaires pour la 11e circonscription ». Poursuivant lui aussi des études d'ingénieur à l'École supérieure de cognitique de Bordeaux, ce jeune Salignacais de 21 ans, adhérent à l'UMP depuis 2008, raconte son itinéraire. « Au départ, c'était une volonté citoyenne. J'ai commencé à m'intéresser à la politique à la suite des manifestations de rues liées au CPE. Je voulais comprendre. Pourquoi l'UMP ? Dans ma famille, toutes les opinions étaient représentées. Je suis allé voir sur le site de l'UMP. Je me suis inscrit et j'ai adhéré en ligne. Pour moi, un parti était un vaste lieu de débat. Et j'ai trouvé ce lieu au sein des Jeunes populaires ». Ce besoin d'engagement est-il pour autant partagé par les jeunes qu'il côtoie ? « Oui et non à la fois. Au départ, lorsque j'ai dit que j'avais adhéré à l'UMP, on m'a lancé ''quel gâchis'', ''quel dommage, t'étais sympa'', s'étonne un peu Vincent Charrier ! Ce qui ne l'a pas empêché de militer. « Chez les jeunes, il y a le désir de comprendre, et en même temps le rejet du politique », pointe Benoît Grange, son aîné, dont l'engagement politique a pris racine dans une famille gaulliste. Et dont l'adhésion à l'UMP s'est concrétisée « après notre échec aux élections régionales en 2004 ». « Mais, reconnaît Vincent Charrier, si mon engagement paraît suspect à certains, ce n'est pas le cas avec les autres jeunes militants des autres partis. Il y a du respect entre nous, sans doute parce que nous partageons les mêmes choses ». Tous les deux se retrouvent sur la même analyse : « Il faut expliquer les choses. Faire de la pédagogie. Pour moi, cela a commencé avec le dossier européen », dit Benoît Grange. « Il y a un vrai travail d'explication à faire. En direction des jeunes, mais également pour les politiques en fonction. Il y a chez les jeunes un vrai besoin de transparence. Et il faut arrêter d'infantiliser les électeurs ». Poursuivront-ils une carrière politique ? « Je n'ai pas encore tranché », reconnaît Benoît Grange, qui a pourtant participé « avec beaucoup de plaisir et d'intérêt » à la campagne de Xavier Darcos aux Régionales. « Pas avant la fin de mes études », affirme sagement Vincent Charrier. En attendant, ils essaient de mailler le territoire : « Notre principe, c'est d'être au plus près du terrain. Tout ne se passe pas à Bordeaux. Il y a une vie politique au-delà de la rocade ! Et nous essayons de nous organiser en fonction de la sociologie des territoires, où nous sommes représentés dans 90 % des circonscriptions ». Pourtant, ils ne rechignent pas aux réunions nocturnes, aux tâches obscures des militants, et donnent de leur temps. Mais aussi de leurs compétences. Ainsi, le jeune informaticien est-il déjà en charge de la communication numérique dans l'équipe du candidat UMP de la 11e circonscription. « Et de la "riposte" sur le net », précise-t-il. « Car la présence sur le net sera un des éléments majeurs de la campagne ». (1) Selon leur responsable départemental, les Jeunes populaires UMP sont près de 500, dont 300 « à jour de cotisations ». |